Création / Modes de gouvernance
La rémunération du dirigeant de société : comment bien l’encadrer et l’optimiser ?
Fixer la rémunération d’un dirigeant ne relève ni d’une formalité ni d’un automatisme. Mal anticipée, elle peut entraîner des conséquences sociales et fiscales lourdes, des tensions entre associés ou des requalifications en cas de contrôle. Trop souvent, les dirigeants découvrent a posteriori qu’aucune rémunération n’avait été correctement décidée ou formalisée, exposant la société à un risque juridique et financier non négligeable.
Une rémunération qui doit être formellement décidée
Par principe, un dirigeant n’est pas rémunéré automatiquement. Sa rémunération doit faire l’objet d’une décision formelle, prise par l’organe compétent : l’assemblée des associés (SARL, SA) ou le conseil d’administration (SA), voire l’associé unique (EURL, SASU), avec un enregistrement écrit (procès-verbal ou registre des décisions).
En l’absence de décision préalable, les sommes perçues peuvent être requalifiées en compte courant débiteur (c’est-à-dire un prêt de la société au dirigeant ce qui est formellement interdit), voire considéré comme un abus de biens sociaux, notamment en cas de procédure collective. Une régularisation a posteriori n’efface pas nécessairement le risque, surtout en présence d’associés minoritaires.
À noter enfin que la rémunération n’est jamais obligatoire : un dirigeant peut exercer son mandat à titre gratuit. Toutefois, il est conseillé d’acter cette gratuité pour éviter tout litige a posteriori.
Un traitement fiscal et social à anticiper
La rémunération du dirigeant, au titre de son mandat social, est en principe imposée dans la catégorie des traitements et salaires, et soumise à l’impôt sur le revenu.
En revanche, le régime social applicable dépend de la forme juridique de la société et du statut du dirigeant.
Afin de schématiser :
- Gérant majoritaire de SARL/EURL : régime des travailleurs non-salariés (TNS), avec cotisations sociales dues même en l’absence de rémunération.
- Gérant minoritaire ou égalitaire de SARL, président ou directeur général de SAS/SASU ou SA : régime général de la Sécurité sociale, en tant qu’assimilé salarié. Dans ce cas, aucune cotisation n’est due en l’absence de rémunération, mais les charges sont globalement plus élevées.
Le choix de la structure juridique a donc un impact direct sur le coût social de la rémunération, les droits sociaux du dirigeant, et la stratégie d’optimisation fiscale.
Une réflexion stratégique sur la forme juridique peut s’avérer aussi structurante que le montant lui-même.
Le cumul d’autres formes de rémunération
Un dirigeant peut, sous conditions, cumuler différents types de revenus :
- Une rémunération de mandat social, en tant que gérant, président ou directeur ;
- Un contrat de travail, à condition de remplir certains critères (existence d’un lien de subordination, fonctions techniques distinctes du mandat social) ;
- Des dividendes, en tant qu’associé, si la société dégage des bénéfices.
Chacune de ces sources a un régime juridique, fiscal et social spécifique. L’arbitrage entre elles doit tenir compte des objectifs personnels du dirigeant (niveau de protection sociale, fiscalité personnelle, capacité d’épargne, transmission patrimoniale…).
Plus de ressources
Le succès d’une entreprise repose sur la répartition du pouvoir de direction. Pour ce faire, une écriture juridique précise est source de sécurité pour préserver l’intérêt social de la société et ce d’autant plus que le périmètre des pouvoirs du dirigeant n’est pas identique envers les associés et envers les tiers, sa rémunération doit également être bien encadrée et optimisée fiscalement et socialement et pour ce faire le pacte d’associés présente de nombreux atouts en permettant notamment d’anticiper toute situation de mésentente, voire de maitriser l’entrée au capital de tout tiers et cela en toute confidentialité et enfin de structurer la gouvernance au sein de la société et/ou du groupe de sociétés.